Nous n'avons fait que fuir...

A la croisée des chemins sinueux

asphalte torturés, dispendieux à souhait

regards fugaces, pupilles latentes

iris sur les pieds

poussière qui caresse le regard

au fond des yeux

pluie d'automne

Je le sais, je te sens, je fais les cents pas

tout comme toi

sans toi sans personne

on se touche, se bouscule

langue au rendez-vous des absents

je suis comme toi

tu es comme moi

nous sommes

la somme de quoi?

Nous avançons, nous prenant les galoches de l'émoi

dans les cailloux et la gueule dans le fossé

ah! tu es là toi

tout ce monde sur la route, sur les routes

et toit, et toi, et toi... et toi!

tu es là toi aussi dans les longues files

à perte de temps, m'as tu vu?

Mais déjà au premier croisement

je vomis des doutes, je crache des rêves

au premier choix d'une trêve

je fais tomber mes consolations dans la boue

elles se mélangent aux tiennes

aux vôtres, aux nôtres

et nous sommes tous là

les genoux en prière

à s'écorcher les doigts dans la vie

 

Nous n'avons fait que fuir...